Le pied diabétique : Etat des lieux en 2005

Base de connaissances

Dr Jean Louis Richard
Service des Maladies de la Nutrition & Diabétologie
Centre Médical - 30240 Le Grau du Roi - CHU Nîmes

29 juin 2005

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On regroupe sous le terme générique de pied diabétique l'ensemble des manifestations pathologiques atteignant le pied et directement en rapport avec la maladie diabétique sous-jacente : ces atteintes sont principalement imputables à l'effet délétère du diabète sur les nerfs périphériques et/ou sur la circulation artérielle des membres inférieurs et sont souvent précipitées par la survenue d'une infection.

Cette pathologie est dominée par la survenue d'une ulcération et le risque d'amputation qui en fait toute la gravité. Bien que les données varient grandement d'un pays à l'autre, voire d'une région à une autre, on estime qu'environ 15 % des diabétiques présenteront un ulcère du pied au cours de leur vie. Une récente enquête menée en France chez des diabétiques de type 2 (étude ENTRED) rapporte que 7 % d'entre eux soufrent ou ont souffert.

La présence d'une ulcération est un facteur de surmortalité dans la population diabétique avec un risque de décès multiplié par 2,4 par rapport à un diabétique indemne de plaie. En outre, la récidive est habituelle, puisque survenant chez 70% des patients dans les 5 ans qui suivent la cicatrisation de l'ulcère initial.

Le pronostic est dominé par le risque d'amputation : en effet, au moins 50 % de toutes les amputations des membres inférieurs sont réalisées chez les diabétiques qui représentent "seulement" 3 à 5 % de la population et dans 70 à 90 % des cas, l'amputation est précédée d'une ulcération du pied. Globalement, le fait d'être diabétique multiplie par 10 à 40 le risque d'amputation et certaines données récentes montrent que l'incidence des amputations n'a pas diminué ces dernières années. Le pronostic d'une amputation chez le diabétique est très sombre : dans les 5 ans après le geste initial, une nouvelle amputation est nécessaire dans près de 50 % des cas et le pourcentage de survivants n'est que de 58 %.
Devant ces chiffres effrayants, une prise en charge active et des actions de prévention efficaces sont urgentes : elles demandent de bien comprendre la physiopathologie du pied diabétique, afin d'en reconnaître les différents aspects et pouvoir ainsi prendre des mesures adaptées.

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