Maladie de Dühring-Brocq

Docteur Colette ROUTKOVSKY-NORVAL, CHU ANGERS (49000)

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A forme pemphygoïde au décours d’une varicelle
chez une personne âgée

Madame Am… M Louise, 94 ans, est hospitalisée dans une section de long séjour depuis deux ans, pour état semi-comateux (après avoir été grabataire) secondaire à des accidents vasculaires répétitifs. Alors que son état clinique est stationnaire depuis plusieurs mois ; elle présente à l’occasion d’une épidémie de varicelle et de zona, une varicelle diffuse, sévère, avec altération de l’état général et hyperthermie. Une antibiothérapie prophylactique et antivirale (Zovirax) est instituée, l’alimentation et l’hydratation sont maintenues par une sonde gastrique percutanée.

L’évolution va être relativement longue, mais sera sans séquelles

La 2ème semaine qui suit cette guérison, va voir apparaître des lésions bulbeuses de différentes tailles débutant aux extrémités et gagnant progressivement l’abdomen, le dos et le visage. Les bulles sont séro-hémorragiques, indolores évoquant une maladie de Dühring Brocq à forme pemphigoïde. On constate une reprise d’une fébricule à 38° pendant plusieurs jours, mais sans aggravation sur le plan général.

Notre attitude va être la suivante (cette malade ne pouvant être transférée dans un service de dermatologie) :

  1. Sur le plan local : Après désinfection de la peau des bulles à la Chlorexydine, le contenu de celles-ci était ponctionné de façon stérile jusqu’à l’affaissement de la zone de décollement. Après échec des pansements locaux, par pansement gras, et du fait, de leur étendue, nous avons mis la malade nue sur des draps stériles, à l’exception des mains qu’il nous fallait protéger des souillures

  2. Sur le plan général : Malgré la proximité de la varicelle (laquelle était parfaitement cicatrisée), nous avons institué une corticothérapie par voie générale à la dose de1mg/kg/jour.
     
  3. Sur le plan biologique : Nous n’avons pas fait de prélèvements biopsiques des bulles

Par contre, le bilan biologique global était dans les normes. Nous avons renforcé l’hydratation.

L’évolution s’est étalée sur une quinzaine de jours, avec diminution des bulles sous l’action de la corticothérapie, les lésions se sont asséchées, laissant un épiderme rosé sans cicatrice.

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