Dans quelles circonstances le pansement doit-il êre stérile ?

Démarche qualité

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F. HAMON-MEKKI - Cadre Infirmier - CRF de KERPAPE

Nous nous attachons donc ici à faire état des soins d'escarres ce qui amène d'emblée la question suivante :

Pourquoi un pansement d'escarre n'est pas un pansement stérile ?

C'est, de toute façon et avant tout, la plaie et ses caractéristiques qui vont déterminer, d'une part le type de pansement à utiliser et d'autre part, le type de la technique stérile ou pas par exemple.

Ainsi, dans les situations d'escarres, sachant l'existence de germes dans ce type de plaie, l'essentiel sera d'éviter la contamination du patient à d'autres niveaux et la contamination des autres patients par les germes présents dans l'escarre.

Ainsi, dans une situation de soins post-opératoires sur chirurgie de recouvrement d'escarre, il sera nécessaire d'adopter une technique en rapport avec ce type de plaie.

Nous avons ici un autre exemple de patient tétraplégique présentant de multiples fractures traitées par fixateurs externes. Par ailleurs, ce patient porteur d'escarres, d'une sonde à demeure et d'une trachéotomie recevra des soins infirmiers adaptés à chacun de ses besoins.

D'autres facteurs, bien sûr, peuvent intervenir dans ces choix et ils ont été cités. Ce sont :

  • Les particularités du patient à risques plus ou moins élevés sur le plan infectieux,

  • La spécificité du service dans lequel se situe le patient porteur d'escarre. En effet, les soins seront peut-être effectués différemment que l'on soit dans un service de réanimation, de chirurgie, de gériatrie ou de rééducation.

  • Le contexte médical avec, par exemple, la présence d'un médecin hygiéniste avec ce que cela peut impliquer au niveau de la mise en place de protocoles pour la réalisation des soins.

  • Le suivi médical des patients et de leurs escarres par des spécialistes comme les dermatologues, les chirurgiens vasculaires, les gériatres.

  • La présence et la collaboration habituelle et étroite avec un chirurgien plasticien.

Ceci dit normalement, le type du pansement et le type de la technique ne devraient pas être influencés par le contexte socioéconomique. Par contre, ceci ne veut pas dire que l'on ne doive pas en tenir compte pour le choix des produits par exemple.

Ainsi, comme nous le savons tous, l'escarre est par définition une plaie septique dans laquelle sont présents des germes qui aident au bon déroulement du processus de cicatrisation.

A partir de cette situation, il peut exister plusieurs types de principes, de philosophies, de projets de soins qui détermineront le mode de traitement tant au niveau du pansement que de la technique.

En ce qui concerne les équipes soignantes du service médullaire du Centre de KERPAPE, elles adoptent comme principe le respect du Bactériocycle et une technique de soins propres.

Cette technique a comme fil conducteur le respect de l'écosystème impliquant de ce fait les règles d'hygiène rigoureuses tant au niveau des soignés que des soignants, le tout sous tendu par un fonctionnement logique et cohérent

Quant au choix du pansement il se fait en équipe, en tenant compte du patient avec ses particularités physiques, physio-pathologiques et psychologiques. Il est important de tenir compte aussi de la plaie, de sa configuration, de sa taille, de sa localisation et de son stade.

Le contexte économique guidera le choix du pansement parmi ceux mis sur le marché, ceux ayant été testés scientifiquement, ceux permettant un coût de revient du pansement acceptable et compatible avec les budgets de pharmacie. Le contexte institutionnel, en ce qui me concerne, est celui d'un centre de rééducation et de réadaptation travaillant en relation avec un service de chirurgie plastique permettant d'avoir rapidement l'avis du chirurgien quant à la prise en charge chirurgicale de l'escarre ou non.

Ainsi le soin d'escarre sera un soin propre, réalisé avec du matériel non stérile. Les pansements seront effectués sans pince et des gants non stériles pourront être utilisés. Les mesures d'hygiène seront bien sûr, respectées à travers le lavage des mains et le port de casaques si besoin. Si une escarre se surinfecte, des soins spécifiques seront mis en route.

Donc, faire des soins stériles sur une escarre est, à priori, un nonsens. Dans tous les cas, la pratique des soins doit relever d'une réflexion d'équipe empreinte de logique, de cohérence et de bon sens.

Pour réaliser cet arbre décisionnel, il importe de maîtriser un certain nombre d'éléments contrôlables et préciser certaines définitions. A partir de là, l'arbre décisionnel pourra se présenter ainsi.

En conclusion, évaluer au mieux pour adapter au plus les soins de façon cohérente et logique dans un contexte médical économique qui est le nôtre aujourd'hui : Est-ce possible ?

Journal des Plaies et Cicatrisations - Spécial - N° 7 - mai 1997

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